Ainsi parlait ZARATHOUSTRA de Friedrich Nietzsche

Description

« Ainsi parlait Zarathoustra » est l’ouvrage de Nietzsche qui a exercé le plus d’influence, notamment par sa vision du surhomme et de son combat. Voici ce qu’il faut savoir pour comprendre l’ouvrage…

 

  1. Qui était Zarathoustra ?

Prophète fondateur du zoroastrisme, Zarathoustra (appelé aussi Zoroastre) vécut au VIe siècle avant J.-C. en Perse (aujourd’hui Iran). Il moralisa l’ancienne religion des Parsis (les Perses), proscrivant les sacrifices sanglants et le culte orgiaque des devas (êtres supérieurs).

Il proscrit l’idolâtrie et fonda un culte monothéiste qui prescrivait la pureté de l’âme, s’opposant à la caste sacerdotale de l’époque. Il prêcha pour l’instauration d’un empire fondé sur la justice. Les Parsis d’aujourd’hui ont émigré de Perse en Inde ; ils placent Zarathoustra au niveau de Mahomet, du Christ et de Bouddha.

 

2.  Comment Nietzsche décrit son Zarathoustra

Nietzsche a reconnu en Zarathoustra un prophète de la transvaluation de la morale qui s’est opposé à la caste sacerdotale. C’est pourquoi il en donne le nom au héros de son livre, héros qui prêche à une poignée de compagnons (disciples) l’abandon des règles morales issues du christianisme ; cet abandon résulte inéluctablement de l’autodestruction de la morale conséquence de l’exigence de vérité.

La démarche de Zarathoustra est celle d’un « maître » : sa volonté de vérité est basée sur sa force surabondante en perpétuelle recherche de croissance, et non sur le déni de réalité et les valeurs artificielles des esclaves actuels ; elle est une marque de probité, acceptant le monde tel qu’il est puisque la morale artificielle du déni de réalité est devenue impossible.

Quand Zarathoustra parle dans « Ainsi parlait Zarathoustra », c’est Nietzsche lui-même qui parle.

Un peu plus loin, Nietzsche décrit aussi Zarathoustra comme un être dionysien :

« L’âme la plus vaste qui peut courir, au milieu d’elle-même s’égarer et errer le plus loin, celle qui est la plus nécessaire, qui se précipite par plaisir dans le hasard ; […] L’âme qui est, qui plonge dans le devenir ; l’âme qui possède, qui veut entrer dans le vouloir et dans le désir, » […] L’âme la plus sage que la folie invite le plus doucement, l’âme qui s’aime le plus elle-même… »

 

3.  Le surhomme

Contexte actuel où Nietzsche définit le surhomme

L’homme moderne sait que Dieu est mort et que la morale chrétienne est devenue impossible. Sans valeurs morales, il est tenté par le nihilisme. Ses habitudes culturelles ayant été intériorisées du fait des siècles d’enseignement chrétien, puis de l’humanisme des Lumières, il lui est si difficile de s’en affranchir que Nietzsche considère cette tâche comme surhumaine. Pourtant l’homme a absolument besoin d’une philosophie (règles de pensée et valeurs morales) en accord avec la nature, la vie et sa volonté de puissance. La mission que Nietzsche confie à Zarathoustra est donc d’enseigner le surhomme, qui a la force d’accepter la réalité.

Le type surhomme

Quand Nietzsche parle du « surhomme » il parle d’un type utopique d’homme, pas d’un individu particulier : le surhomme est une essence [9], un cahier des charges d’être supérieur ; de même, « homme » peut désigner l’essence des êtres du genre humain, un type de mammifère si l’on veut.

Or Nietzsche affirme dans « Par-delà bien et mal » « L’Etre religieux » que : « L’homme est l’animal dont le caractère propre ne s’est pas encore fixé ».

Les individus ne pourront donc tendre vers le type surhomme qu’avec une éducation par des philosophes, de même que la culture de l’homme européen d’aujourd’hui résulte d’un long dressage par des prêtres chrétiens.

 

Nietzsche ne donne nulle part dans son œuvre de définition précise du surhomme, ni de liste de ses qualités. On trouve dans « Ecce homo » – « Pourquoi j’écris de si bons livres » :

« Le mot « surhomme » […] désigne un type de perfection absolue, en opposition avec l’homme « moderne », l’homme « bon », […] les chrétiens et d’autres nihilistes, lorsqu’il se trouve dans la bouche d’un Zarathoustra, le destructeur de la morale… »

 

4.  Le combat de Zarathoustra contre les « hommes bons »

On trouve dans « Ecce homo » – « Pourquoi je suis un destin » :

« Zarathoustra, le premier psychologue des hommes bons, est – par conséquent – un ami des méchants. »

Les « hommes bons », « les meilleurs », « les sages », « les justes » dont Nietzsche parle sont ceux que les hommes modernes considèrent comme tels (par exemple les religieux), avec leur système actuel de valeurs inversées hostiles à la vie ; étant leur psychologue, Zarathoustra les a percés à jour.

(Les bons sont stigmatisés dans « Ecce homo » – « Pourquoi je suis un destin » :

« Les bons ne disent jamais la vérité. [Ils] ont faussé et dénaturé toutes choses jusqu’à la racine. »

« Les bons ne peuvent pas créer, ils sont toujours le commencement de la fin. Ils crucifient celui qui écrit des valeurs nouvelles sur des tables nouvelles ; […] ils crucifient tout l’avenir des hommes ! Les bons – furent toujours le commencement de la fin… »)

Pour Zarathoustra, les bons et les justes d’aujourd’hui empêchent tout changement de valeurs, tout retour aux valeurs naturelles de la force, de la joie de vivre, de la vie.

On trouve à la suite dans « Ecce homo » – « Pourquoi je suis un destin » :

« Quand une espèce décadente d’hommes est montée au rang de l’espèce la plus haute, elle n’a pu s’élever ainsi qu’au détriment de l’espèce contraire, l’espèce des hommes forts et certains de la vie. »

Les « hommes bons » sont donc mauvais, et le surhomme leur est supérieur par son système de valeurs tout autre. Le type d’homme que Zarathoustra veut faire émerger est « un surhomme par rapport aux meilleurs hommes modernes » ; et comme ceux-ci sont croyants et que le surhomme de Zarathoustra combat leurs valeurs, ils le traiteraient de « démon ».

 

5.  Les derniers hommes

Nietzsche définit « les derniers hommes » dans « Ecce homo » « Pourquoi je suis un destin» :

« Zarathoustra appelle les bons tantôt « les derniers hommes », tantôt le « commencement de la fin », avant tout il les considère comme l’espèce d’hommes la plus dangereuse, vu qu’ils imposent leur existence aussi bien au prix de la vérité qu’au prix de l’avenir. »

Le dernier homme refuse de se poser des questions sur le sens de la vie [93] ; il n’éprouve aucune émotion à l’idée de l’amour, du désir et de la création ; il est incapable de supporter la lumière du monde futur, celui du surhomme ; Zarathoustra dit dans « Ainsi parlait Zarathoustra » Prologue :

« Voici ! Je vous montre le dernier homme. « Amour ? Création ? Désir ? Étoile ? Qu’est cela ? » – Ainsi demande le dernier homme et il cligne de l’œil. »

Le dernier homme rapetisse tout, car il juge tout par rapport à lui-même et il est petit comme un puceron ; il est indestructible, car il vit dans un monde figé, où rien ne se passe. Et comme il est parfaitement adapté à ce monde, il vit le plus longtemps, et il est certain d’avoir inventé le bonheur. Zarathoustra poursuit :

« La terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout. Sa race est indestructible comme celle du puceron ; le dernier homme vit le plus longtemps. « Nous avons inventé le bonheur » – disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil. »

 

Le dernier homme est celui qui refuse l’évolution vers le type surhomme, bien qu’il soit « le meurtrier de Dieu » (« Ainsi parlait Zarathoustra » IV « Le plus laid des hommes »). Il n’a plus la force de créer, ou même seulement de prendre le risque du changement, il est décadent.

Nietzsche fait dire à Zarathoustra, qu’il prêche l’amour du surhomme tourné vers l’avenir, en même temps que le mépris du dernier homme qui s’accroche à son passé :

« Je vous apporte un nouvel amour et un nouveau mépris : le surhomme et le dernier des hommes. »

 

6.  Le premier homme

Le type surhomme donne naissance au « premier homme », qui assurera la lente transition de l’humanité vers le monde futur. Nietzsche évoque sa naissance : « La naissance du surhomme. » Cette naissance engage un processus décrit dans « Ainsi parlait Zarathoustra » I « Des voies du créateur », où Zarathoustra s’adresse au jeune homme rencontré (son futur compagnon) en disant :

« Es-tu une force nouvelle et un droit nouveau ? Un premier mouvement ? Une roue qui roule sur elle-même ? Peux-tu forcer des étoiles à tourner autour de toi ?

Zarathoustra décrit à ses compagnons le bonheur de créer, le sens de la vie :

« L’unique bonheur est dans la création : vous tous, vous devez participer à la création et jouir encore de ce bonheur dans chaque action ! »

Et Nietzsche résume l’opposition entre le premier homme et ses descendants d’une part, et les derniers hommes d’autre part :

« Ceux qui créent le bien s’opposent à ceux qui préservent le bien. »

 

Vous pouvez télécharger le livre au format Pdf par le lien ci-dessous :

nietzsche_ainsi_parlait_zarathoustra

 

Source : Daniel MARTIN

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