De Tocqueville Alexis – Premier rapport sur l’Algérie

Description

Alexis de Tocqueville devient célèbre quand, le 23 janvier 1835, il publie la première partie de La Démocratie en Amérique. Le livre rencontra un franc succès et suscita de vives polémiques. Un journal légitimiste, la Gazette de France, fit paraître un article anonyme contenant ces lignes : « Monsieur de Tocqueville est avocat et, comme tel, il plaide la cause de la démocratie en Amérique ; c’est avec une prédilection toute particulière que cet auteur offre à l’admiration des peuples de l’Europe (…) un pays d’humanité tricolore où des hommes rouges qui en sont les naturels se voient exterminés par les hommes blancs qui en sont les usurpateurs ; où les hommes noirs se vendent pêle-mêle avec les bestiaux sur la place publique. »1 Tocqueville ne l’a pas ignoré.

Mais il n’en a pas fait l’objet central de son enquête, la démocratie. Il a consacré une grande partie de son étude à l’analyse de cette « humanité tricolore » et des rapports que ses composantes colorées entretiennent. Les analyses de Tocqueville y sont pénétrantes. On peut dès lors s’étonner, à lire les rapports que Tocqueville a dressés de l’Algérie des débuts de la colonie, en 1841 et en 1847, qu’il ne manifeste pas à l’égard des Arabes l’humanité dont il a gratifié, en Amérique, les Noirs et les Indiens.

S’il paraît sensible, en effet, aux questions d’égalité entre Noirs et Blancs – car ce n’est pas en termes d’égalité mais de relégation que la question se pose pour les Indiens -, il demeure totalement indifférent au sort de toute cette population bigarrée – Kabyles, Arabes, Maures – qui peuple le territoire de l’Algérie.

C’est dans le cadre de ses fonctions politiques que Tocqueville visita l’Algérie pour la première fois en 1841. La « conquête » remontait à un peu plus de dix ans et le pays n’était pas pacifié, le brutal Bugeaud posant l’alternative : évacuation immédiate ou occupation totale. Favorable à la conquête militaire, Tocqueville montre dans ses écrits sur la question algérienne un visage moins sympathique : « D’une autre part, j’ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n’approuve pas, trouver mauvais qu’on brûlât les moissons, qu’on vidât les silos et enfin qu’on s’emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre. »

On ne saurait être plus clair ! Pour le penseur libéral, pour l’aristocrate soucieux d’accompagner au mieux le processus démocratique, il est des situations où faiblesse et sentiment ne sont plus de mise. A cela s’ajoutait une défiance envers le Coran qui en fait aujourd’hui un auteur politiquement sulfureux : « J’ai beaucoup étudié le Coran à cause surtout de notre position vis-à-vis des populations musulmanes en Algérie et dans tout l’Orient. Je vous avoue que je suis sorti de cette étude avec la conviction qu’il y avait eu dans le monde, à tout prendre, peu de religions aussi funestes aux hommes que celle de Mahomet. Elle est, à mon sens, la principale cause de la décadence aujourd’hui si visible du monde musulman et quoique moins absurde que le polythéisme antique, ses tendances sociales et politiques étant, à mon avis, infiniment plus à redouter, je la regarde relativement au paganisme lui-même comme une décadence plutôt que comme un progrès. »  

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De Tocqueville Alexis – Premier rapport sur l’Algérie

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