Hobbes Thomas – Léviathan – Partie 1

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Description

Le Léviathan, ou la matière, la forme et la puissance d’un État ecclésiastique et civil », est probablement l’œuvre la plus connue de Thomas Hobbes. Cet essai en quatre parties a été publié originellement en langue anglaise en 1651. La traduction vers le français a été effectuée à partir de 2002 par Philippe Folliot, professeur de philosophie. Les quatre parties s’intitulent respectivement : « De l’homme » (traduction publiée en novembre 2002) ; « De la république » (traduction publiée en avril 2003) ; « De la république chrétienne » (traduction publiée en septembre 2003) ; « Du royaume des ténèbres » (traduction publiée en janvier 2004). Rappelons, à toute fin utile, que le Léviathan est un monstre aquatique de la mythologie phénicienne présenté dans la Bible comme le symbole du paganisme.Monstre issu du bestiaire biblique, le Léviathan est le visage hideux que Hobbes veut donner à l’État pour qu’il intimide ses sujets et les dissuade de désobéir…

Conception brutale du pouvoir soutenue pourtant avec intelligence et finesse. Pourquoi le despotisme est-il nécessaire ? Les hommes, en totale liberté, représentent une menace les uns pour les autres. La meilleure défense étant l’attaque, leur raison les pousse à s’agresser préventivement. Seule l’existence d’une force les dominant tous, devant laquelle chacun peut prévoir l’obéissance des autres, peut les inciter à ne pas se défendre ainsi. Une confiance réciproque, entre sujets raisonnables, peut alors, en effet, s’instaurer. L’existence d’un Prince plus fort que ses sujets est donc la meilleure garantie de paix. Ainsi le pouvoir de l’État doit-il être absolu : toute limitation de sa souveraineté ne peut que l’affaiblir et faire courir le risque d’un retour progressif vers l’état où les hommes sont comme des loups les uns pour les autres. Publié en 1651, le Léviathan offre une philosophie redoutablement cohérente. 

I – Le contexte de l’œuvre 

1) Présentation de la biographie de Hobbes.

Thomas Hobbes, philosophe anglais fils d’un ecclésiastique protestant, est né en 1588 en Angleterre. Il est l’un des fondateurs de la philosophie politique moderne. Il fut le contemporain de Descartes, Pascal, etc… et a fréquenté nombre de savants de l’époque : Gassendi, Galilée, Mersenne, etc. Ses œuvres principales sont De Cive (1642) et le Léviathan (1651). Il est mort en 1679.

2) Les événements politiques en Grande Bretagne qui ont précédé les œuvres politiques de Hobbes.

Pour comprendre les écrits de Hobbes, il est nécessaire de dire qu’il eut une vie placée sous le signe de la guerre. Entre 1621 et 1629, l’Angleterre était engagée dans une guerre sur le continent qui était très coûteuse. La guerre a continué encore entre 1640 à 1660, y compris deux guerres civiles, de 1642 et 1648. En effet, tout d’abord, les républicains et les royalistes se disputaient le pouvoir de la Grande Bretagne. En même temps, le conflit se déroulait à deux niveaux géographiques : en Ecosse et en Angleterre. L’objet de la contestation se centrait autour de deux institutions : le Parlement et le Roi.

Les écrits du Hobbes, et surtout celui du Léviathan suivirent cette confusion. Son objectif était d’assurer et obtenir la paix et l’ordre. Les guerres de religion en France et les guerres civiles en Angleterre l’amenèrent à développer une philosophie où il considère que seul l’absolutisme de l’Etat, à qui les hommes confient par contrat le soin de les gouverner, peut maintenir le droit et garantir la paix. Il refuse donc le pouvoir de droit divin. Ensuite, l’accalmie politique du protectorat de Cromwell, en 1653, lui permet de retourner en Angleterre où il écrit De Corpore (1655), De Homine (1658), et De Cive (1642). Pour finir, le rétablissement de la monarchie en Grande Bretagne lui a permis de rédiger une histoire de la guerre civile, Béhémoth.

II) La vie de Hobbes.  

Thomas Hobbes naît en 1588 à Wesport. Il est, par sa naissance, le contemporain de Descartes, avec qui il polémique mais, par sa longévité, il peut apparaître comme un homme de la génération suivante. Après de bonnes études à Oxford, il entre comme précepteur au service des comtes de Cavendish (son élève a deux ans de moins que lui). A ce titre il voyage en France (il est à Paris au moment de l’assassinat de Henri IV) et en Italie, ce qui lui permet de rencontrer les personnalités marquantes de son temps : il fréquente à Paris le père Mersenne, véritable secrétaire de l’Europe savante.

Il rencontre Galilée. D’une culture encyclopédique, passionné de mathématiques (il considère les « Eléments » d’Euclide comme le modèle de la science et passe son temps à essayer de résoudre le problème de la quadrature du cercle), de physique (en 1630, il donne une interprétation mécaniste de la vision), d’histoire ancienne (en 1628, il donne une traduction de Thucydide), il conçoit une vaste somme philosophique (Elementa Philosophiae) dont la troisième partie (De Cive) paraît en 1642, la première (De Corpore) en 1655, et la deuxième (De Homine) en 1658. Mais son intérêt principal se porte sur la politique.

Dès 1640, il fait circuler les Elements of Law. Cette année là, se croyant menacé, il s’exile en France où il restera jusqu’en 1651. Il est le contemporain des guerres civiles en Angleterre qui conduisent à la révolution de 1648 et à la décapitation du roi Charles 1er. En 1651 paraît le célèbre Léviathan. De nombreuses polémiques avec les savants et les théologiens de l’époque agiteront la vie de Hobbes après son retour en Angleterre (on l’accuse d’athéisme et certains le rendent même responsable de la grande peste!) Parmi ses dernières œuvres, on trouve, outre le Behemoth (1660), un Dialogue between a Philosopher and a Sudent of Common Law in England(1666) Il meurt le 4 décembre 1679.

III) Apport conceptuel.

Hobbes est un des premiers philosophes à introduire l’idée d’un état de nature. L’état de nature représente ce que serait l’homme en l’absence de tout pouvoir politique et par conséquent de toute loi. Il est construit en enlevant tout ce que la société apporte à l’homme dans tous les domaines : social, politique, économique, moral et intellectuel. Cet état de nature n’a, bien sûr, jamais existé mais est une hypothèse philosophique féconde, une construction de l’esprit qui vise à comprendre par différence ce que nous apporte l’existence sociale. L’état de nature correspondrait en somme à l’homme tel que Dieu l’a créé, ce qui suppose que l’entrée en société procède d’un choix volontaire et ne soit pas le produit d’une providence divine. Il faut signaler que la construction théorique qu’est l’état de nature n’est jamais innocente et implique la défense d’une certaine conception du droit. C’est parce que cette conception n’est pas la même chez Hobbes que, par exemple, chez Rousseau ou Locke, que sa description de l’état de nature est aussi très différente.

Pour Hobbes, l’état de nature est un état de guerre de chacun contre chacun, l’homme y est un loup pour l’homme et, par conséquent, à cet état tout est préférable. On ne saurait payer trop cher pour mettre fin à la guerre, même s’il faut, pour cela, renoncer à la liberté. La description que nous fait Hobbes de l’état de nature repose sur un paradoxe. C’est un état doublement égalitaire. Les hommes y sont égaux non en ce qu’ils possèderaient tous au même degré les mêmes qualités mais parce que chacun peut revendiquer sur tous les autres une supériorité. D’autre part tous les hommes ont les mêmes besoins et une volonté égale de les satisfaire. C’est pourquoi Hobbes affirme, contrairement à d’autres auteurs, que l’égalité conduit à la guerre de chacun contre chacun. L’homme le plus faible pourrait avec de la ruse l’emporter sur le plus fort. Chacun est donc persuadé d’être capable de l’emporter sur autrui et n’hésite pas à l’attaquer pour lui prendre ses biens. Des alliances éphémères se nouent pour l’emporter sur un individu. Mais à peine la victoire est-elle acquise que les vainqueurs se liguent les uns contre les autres pour bénéficier seul du butin. Cette guerre est si atroce que l’humanité risque même de disparaître.

A ceux qui penseraient que cette vision de l’humanité est pessimiste, Hobbes rétorque que même à l’état social où pourtant existent des lois, une police, des juges, néanmoins nous fermons à clef nos coffres et nos maisons de peur d’être détroussés. Or l’état de nature est sans loi, sans juge et sans police… Ainsi, une humanité livrée à elle-même, sans l’ordre social aurait fini par disparaître. Ce qui va sauver l’homme c’est sa peur de mourir et son instinct de conservation. L’homme comprend que pour subsister il n’y a pas d’autre solution que de sortir de l’état de nature. C’est là qu’intervient la théorie du contrat. Ce qui va permettre de passer de la nature à la société, de la guerre à la paix, c’est un contrat passé entre les sujets et un souverain. Il faut rappeler que la notion de contrat n’est pas d’abord une notion politique. C’est d’abord une notion économique (par exemple le contrat de vente) et juridique (qu’on pense au contrat de mariage). Son apparition est liée à l’éclosion d’une bourgeoisie marchande qui revendique la liberté du commerce. Le contrat suppose des partenaires libres, c’est à dire possédant des biens et en ayant la libre disposition, qui s’engagent en leur nom propre, l’un à fournir la marchandise, l’autre à en acquitter le prix. Cette entente produit un avantage mutuel. Par exemple, le vendeur obtient de l’argent et l’acheteur un bien dont il a besoin. Appliqué au domaine politique, le contrat fonctionne exactement de la même façon. C’est librement et volontairement que les hommes échangent leur liberté naturelle contre la paix et la sécurité. Les sujets obtiennent donc un avantage à savoir la fin de la guerre et de l’insécurité propres à l’état de nature.

Le roi, lui, aura l’avantage du pouvoir mais ce n’est pas sans contrepartie : il doit assurer la paix. Le contrat chez Hobbes n’est pas un contrat collectif : c’est successivement que chaque individu, un à un, donne pouvoir au chef (le modèle ici est le modèle féodal où chaque vassal faisait allégeance à son suzerain). Le souverain (qui peut du reste être un groupe d’homme ou un homme seul) reste alors seul à vivre à l’état de nature. Il est en effet entièrement libre et est à la fois auteur et acteur de la loi. Il s’agit, bien entendu, d’une justification de l’absolutisme. Il faut bien voir qu’aux yeux de Hobbes le droit de résistance est purement et simplement exclu. Le souverain, même s’il use de la dernière violence, ne peut rien faire contre l’intérêt du peuple puisqu’il le sort de la pire des situations qui soit : l’état de nature. Toute révolte risque de faire réapparaître cet état de nature. Or, si « à l’état de nature l’homme est un loup pour l’homme, à l’état social l’homme est un dieu pour l’homme ». Certes si le pouvoir était à ce point arbitraire qu’il mettrait en péril la vie de ses sujets, ceux-ci peuvent se défendre (c’est en effet pour se préserver qu’ils ont admis le contrat) mais cela ne signifie pas qu’il y ait droit à la résistance.

Le pouvoir est absolu parce que c’est le garant de sa stabilité. Cela ne signifie pas qu’il soit nécessairement arbitraire ou despotique. Hobbes, parce qu’il donne un fondement juridique à l’Etat, peut être considéré comme le précurseur de ce qu’on appelle l’Etat de droit. Reste cependant la question politique centrale : jusqu’à quel point faut-il renoncer à sa liberté pour obtenir la paix et la sécurité? On sait que la réponse de Rousseau sera diamétralement opposée à celle de Hobbes.

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Hobbes Thomas – Léviathan – Partie 1

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